Spiritualité

Etat de conscience modifié, l’appel de la Terre

Simon lévèque : Mon expérience de pleine conscience

Assis en position du lotus, je calmais mon mental, je rentrais en méditation…
« Une forêt dense, luxuriante, tropicale, qui s’étend sur une vaste étendue m’apparaît en vision. Aussitôt ma gorge se noue, mon cœur se serre et des larmes arrivent.

Je ressens une profonde tristesse alors que l’image de cette forêt ne me quitte pas. Quelques fractions de secondes plus tard je sens une boule de chaleur m’envahir. C’est une chaleur intense qui se répand partout dans mon corps.

Je transpire, je sens des petites perles d’eau se former sur mon front.

Au-delà même de mon corps, cette chaleur m’enveloppe entièrement, à tel point que je dois retirer mon sweet-shirt tout en veillant à rester état modifié de conscience. Je reste concentré, j’accueille les sensations, je dois prolonger l’expérience… Pourtant les larmes ont fait place à des sanglots ininterrompus.

Je suis à la fois surpris et dévasté par la tournure de cette méditation. Je prends conscience que l’intensité de cette chaleur est comparable au feu. D’ailleurs l’image de la forêt laisse place à une vision de l’Australie et le nom de ce pays m’apparait clairement. Les vagues de tristesse s’enchaînent de plus belle, je ressens une grande souffrance qui résonne en moi, comme si la terre lançait un appel à l’aide… Notre terre suffoque, notre terre souffre… »


C’était un samedi, le 8 février 2020, quelques jours seulement après que l’Australie ait connu cette vague d’incendie d’une ampleur sans précédent, et bien avant l’épidémie planétaire du covid19.

Guidé par Francine, je participais à un travail de profonde introspection pour tenter d’identifier ce qui me tient à cœur. Cette séance de méditation de pleine conscience venait de confirmer clairement ce que j’avais souvent refoulé, mais que finalement je savais déjà au fond de moi… depuis le jour où j’ai aimé notre terre.


Ce jour là, c’était le 5 juin 2009. Pourtant, d’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours aimé la terre, moi qui, enfant, passait souvent les vacances d’été chez mes grand-parents paternels, heureux d’accompagner mon grand-père à la moisson dans sa cabine de tracteur ou de ramasser les pommes de terre avec ma grand-mère.

Mais ce 5 juin 2009, j’ai vu la terre sous un autre angle, grâce au film « Home » de Yann Arthus-Bertrand. J’ai vu sa beauté, sa diversité, ses paysages somptueux, sa faune et sa flore époustouflante... J’ai vu à quel point notre terre était un cadeau qui a été accordé à l’humanité.

Mais j’ai vu aussi les conséquences d’une humanité avide de l’exploiter, de la considérer comme une chose, pour servir la soif de pouvoir et d’argent. C’est donc la première fois que j’ai ressenti l’amour pour notre terre, car j’ai senti au plus profond de moi une grande tristesse, le cœur serré, de voir comment on prenait soin de celle qui nous porte au quotidien, qui nous nourrit, qui hydrate et qui nous émerveille. Je m’étais trompé, la Terre n’était pas un cadeau accordé à l’humanité, c’est une part de notre humanité. Si elle meurt, nous mourrons. Alors à l’inverse, si elle vit, nous pourrions connaître un avenir prometteur.

Ce film a eu un impact important, et pas seulement sur les élections européennes qui suivaient. Mais, au fil des jours, nos conditionnements et l’actualité de l’économie ou de la politique ont petit à petit repris le dessus.

Quelques mois plus tard, je découvrais sur les réseaux sociaux un partage de mon amie Karine. Il s’agissait d’une vidéo d’une jeune fille qui prononçait un discours devant tous les dirigeants du monde pour leur demander de protéger la terre et préserver l’environnement. Un discours dont je n’avais jamais entendu parlé car il a été prononcé en 1992, l’année de mes 9 ans !

Il s’avère que c’était le discours de Severn Cullis-Suzuki au sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Cette jeune fille m’a profondément émue par la conscience qu’elle avait déjà de ce qui était en train de se produire et que nous mettrons tant de temps à réaliser. Et surtout, j’étais admiratif de sa force de conviction et de sa détermination.


Là encore, cette situation m’a profondément marquée, et a fait remonter en moi les émotions que j’avais ressenti en regardant « Home ». Aussi, j’avais l’impression que de 1992 à 2009, peu de choses avait changé.

Par contre, pour ce qui me concernait, cela avait ancré en moi le besoin de prendre des décisions par rapport à la planète. Puisque je l’aimais, je ne pouvais pas ignorer la manière de me comporter au quotidien. Je devais changer. Alors je n’ai pas changé du jour au lendemain, l’important était de pouvoir être conscient des changements et de les inclure dans mes habitudes de manière durable.

Cela a commencé par faire le tri sélectif sérieusement, privilégier les transports en communs, le vélo ou la marche sur de courtes distances, réduire ma consommation d’électricité, limiter voire supprimer les achats inutiles.

Je me suis même dit que je devrais un jour acheter une voiture hybride pour réduire la consommation d’essence ! Tous ces actes n’ont rien de révolutionnaire, mais ils sont rapidement devenus des habitudes. Et chaque fois que je sentais l’occasion, je décidais de changer un nouvel aspect de ma vie.

La dernière modification en date fut de modifier mon alimentation en un régime flexitarien. L’idée étant de ne pas me priver de manger quoi que ce soit, mais en tout cas de manger moins de viande et de poisson, et surtout lorsque j’en ressentais pas le besoin ou l’envie.

Et c’est là que je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un conditionnement énorme. En effet, je ne ressentais pas le besoin de manger de protéines animales tous les jours, et surtout, je n’en n’avais pas spécialement envie. J’ai pris conscience, qu’auparavant, je reproduisais tout simplement les repas que j’avais mangé depuis mon enfance.


Lorsque j’ai ressenti la souffrance de notre terre au cours de l’expérience décrite au début de cette publication, j’ai eu envie de communiquer cet appel, et à l’écrire, pour transmettre ce message : « aimons notre terre qui nous fait vivre ».

Au fond, cela faisait des années que la manière dont notre terre était exploitée me dérangeait. Mais je n’avais jamais pensé que cela revêtait un sens primordial pour moi, peut-être par peur de ne pas être légitime d’en parler. Et pourtant je suis bien, comme vous, un habitant de cette terre.


Vous aurez compris que je suis un simple citoyen comme tout à chacun. Je ne suis pas le porte parole d’un parti politique, d’une association écologiste (en tout cas pas au moment où j’écris ces mots) ou d’une fondation, encore moins un lobbyiste.

J’écris avec authenticité parce que je sens que c’est nécessaire. J’en ai assez d’entendre les reproches ou les injonctions sur ce qu’auraient dû faire ou ce que devraient faire les hommes politiques, tel ou tel pays, telle ou telle entreprise. Je n’accuse personne de l’état dans lequel se trouve notre terre. J’accepte que nous héritions de cette situation mais j’ai conscience que chacun d’entre nous, à notre niveau, et à notre rythme, pouvons agir pour améliorer la situation.


Prenons conscience du mode de vie insoutenable et de la pression que l’humanité exerce sur la terre et sur notre environnement, mais prenons conscience aussi de la relation que nous avons avec elle et de ce qu’elle peut nous donner.

Si nous l’aimons pour ça, comment pourrions-nous alors continuer à l’exploiter ? Il est temps de changer…

lesvoiesduchangement

Simon Lévêque
Simon Lévêque

Traversé d’énergies tout étant ancré à la terre, je me sens chaman. Je suis patricien Reïki et je partage mon expérience au travers d’articles et de vidéos portant sur le développement personnel et la spiritualité »

marie

https://www.facebook.com/marieofpocahontas/

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